Hommage à vous mesdames les potières…

Hommage en forme de rubrique nécrologique, malheureusement, pour l’année 2016-2017.

Hommage à Rhadia, potière M’Tioua, à son travail parfait. Morte hier. Alors que j’allais monter chez elle, partie pendant ma sieste. Aujourd’hui, comme chacun ici et alentour, nous nous sommes retrouvés chez Elle. La tristesse de la belle Rahma, sa fille, adoucie par le sucre que chaque visiteur apporte, cet espèce de fatalisme aussi. Le thé est près, on m’offre un café sans sucre et des sfendj… touchée par ma visite la famille évoque Rhadia, ma première visite chez eux, m’invitent à dormir. Je repasserais le lendemain pour les saluer avant mon départ. 

Evoquant sa mort, celles d’Aïcha sa mère comme des autres potières, Allalh figure attachante de la station Afriquia du secteur, a justement posé le problème de la transmission et de la survivance de cet art en me demandant s’il resterait des potières dans la région… Rhadia n’a formé personne en tout cas.   

 

Hommage à Aïcha, potière M’Tioua, et à son mari,       

partis cette année à un mois d’intervalle. Pour ne pas être séparés. Ensembles, comme pour les poteries. Depuis qu’Aïcha s’était cassé l’épaule, début 2000, son mari décorait les pièces, traits à la règle, motifs parfaits. Nous taisions toutes cette sympathique collaboration masculine d’autant qu’Aïcha a formé d’autres potières. L’année dernière, il m’avait cueilli une rose de son jardin. Tellement rare ici… en souvenir de ma détermination à trouver ces poteries.

 

 

Hommage à Rhama, potière M’Tioua, pièces et motifs dans la pure tradition de sa tribu, des points, des points et encore des points. Partie encore jeune, en 2016 de «maladie». Peu à peu elle avait soigné son travail et le stockait correctement. Trop prise par ses activités quotidiennes, elle n’a formé aucune potière.

 

Hommage à Fatma Anari, potière Senhaja, à son travail précieux. Sa fille travaillait avec elle depuis longtemps déjà. Espérons qu’elle poursuive en y ajoutant un peu de sa créativité. Et à son mari, morts tous les deux cette année. Habituellement en retrait lors de mes visites, cette fois, alors que je descendais chez eux pour y chercher ma commande, piste abrupte, maison nichée dans un creux…il resta, tendant la main au moment du paiement. Je le vexais en lui expliquant que sa femme travaillait pour moi et que ce serait elle qui serait payée. Le travail de Fatma profitant à toute la famille, les autres fois tout se passa bien.

 

Absence de reconnaissance du travail des femmes? Réflexe d’un homme âgé? Malheureusement non. Nous venons de revivre la scène en achetant la production d’une jeune potière formée elle par Fatma Z. sa belle mère. Famille dans laquelle transmission n’est pas un vain mot puisque filles et belles filles travaillent la terre en progressant chaque année.

Merci à toutes pour votre travail. RIP.

 

Dlimlet le 27 novembre 2017

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2 commentaires

  1. Jawad

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